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 can't go on without you. (grindeldore)

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MessageSujet: can't go on without you. (grindeldore)   Mar 24 Jan - 16:07



Little things that make you smile Dancing barefoot in the dark If only I had strength to change your mind Oh for what you need You will not seek Choose your words before you speak Can you see that all you've got is time?
- save yourself.

Les notes qui s'égrènent, rythme lent, rythme décadent, rythme sauvage, rythme siffloté du bout des lèvres qui anime, ce soir encore, la ville slave aux milles couleurs. La neige est tombée rude, le ciel est froid, l'air est vif. Troubadour du dimanche qui se perd sur le trottoir, chassé par les importuns qui n'apprécient plus l'art sous sa forme la plus pure. Ils sont tous bouchés, tous démolis. Plus aucun respect pour la beauté, pour la liberté, pour l'amertume écourtée d'une voix rauque au coin d'une ruelle. Ils n'apprécient plus rien, même pas lui, même pas la vérité, même pas la douceur des paroles. Homme amoureux qui déclame sa poésie pour une amante aux cheveux de feu qui l'oubliera dés le matin. Il n'est rien, il ne sera jamais rien. Ils ignoreront son nom jusqu'à la fin des temps. Mais il se sent obligé de chanter, de gagner quelques pièces cuivrées pour ses chansons aux courbes animales. Damné par le langage universel des notes qui dansent pour lui, succubes infernales.

Le son parvient, l'image échappe. Il n'est pas poète, l'homme qui se perd à écouter les paroles susurrées. Il n'est pas amateur de musique, le triste sir qui admire pourtant les murmures du vent. Il n'est qu'imposture, il n'est qu'hypocrisie, jusqu'aux tréfonds de son âme, jusque dans les sanglots muets du corps emprunté. Corps qui ne lui appartient encore que peu, corps qu'il a du mal à manier, corps qui le surprend encore quand il en redécouvre les contours dans les grandes vitres des boutiques vides. Il croise les yeux bleus, ne retrouve pas les yeux vairons qui le caractérisent, ne retrouvent pas la froideur du puriste qu'il est. Il ne fait qu'admirer l'océan russe qui le juge, le menton levé, comme si il n'était qu'un lâche, un incapable, un bon à rien. Ce prince russe, cet Ivanov à qui il a volé la vie, il a ce regard-là. Le regarde hautain, le regard juge, le regard perdu dans la brume, vers de plus grands idéaux. Alors l'usurpateur s'applique à en garder les nuances, à s'habiller comme il le faisait, à voir le monde de haut, à se prendre pour l'être supérieur qu'il a, de toute façon, toujours pensé être. Le rôle n'est pas si dur à tenir dans les apparences. Il est éprouvant dans la société, quand la fiancée lui envoie un regard larmoyant, quand la famille se demande si il n'a pas perdu l'esprit. Les bévues sont encore trop courantes. Le personnage n'est pas encore naturel. Mais il s'y emploie.

Il pousse la lourde porte de l'hôtel. Hôtel froid, vieil hôtel, aux armoiries décoratives, aux tapis sanguins, aux rideaux de velours. Sortis d'une époque encore plus lointaines. Il ne sourit pas au réceptionniste. Il a vite découvert que le prince ne sourit pas. Le voleur ne sourit donc pas non plus. Il est en mission ce soir. Aucune erreur ne sera tolérée. Il prend la clé, celle de la suite au sommet de l'immeuble, celle où il reçoit les gens importants, les gens secrets, ceux qu'il ne doit pas exhiber comme des morceaux de viandes de qualité. Ils prend l'ascenseur, machine rouillée qui carillonne mais ne le rejette pas. Il y fait chaud comme l'enfer, une musique qui se veut apaisante lui vrille les tympans. Il regrette déjà les rues endormies de la ville. La porte pourtant le rassure, il la passe sans s'attarder, ferme derrière lui et pose la clé sur le côté. La suite est prête. Des verres sont posées sur le bar, les coussins ont été rembourrés, un feu brûle dans l'âtre. L'avantage du dernier étage. Le luxe n'est que normalité pour les personnalités. Il sourit. Heureux, fier d'avoir si bien choisi le corps à voler. L'identité à usurper. Il enlève son long manteau, le pose sur un siège, passe la main dans ses cheveux bruns si peu familiers. Heureusement, aucun miroir ne lui fait face pour l'instant. Déstabilisé lui-même par les changements, il les évite. Trop souvent. Ils vont le prendre pour un vampire. Il se sert un verre, liquide ambré qui danse lentement dans la glace. Puis attend. Quelques minutes, tout au plus, avant que des coups ne soient frappés à la porte. Poignet léger, féminin. Il sourit, se force à inspirer. À rentrer de nouveau dans le personnage. Oublie Grindelwald pour Ivanov. Lâche un « C'est ouvert. » laconique, alors que le verre tinte sur le bois poli du bar. Il compte jusqu'à trois et se tourne vers ses visiteurs. Le sourire en coin déforme le bout de ses lèvres. « Vous voilà ! » Il se veut hôte, il se veut accueillant. Dans les limites du protocole, obligé de respecter l'aspect sang-pur impeccable, tsar en devenir. Il s'approche, son regard passe sur la femme qui ouvre la marche, contact, amie commune. Lien officiel avec la personne suivante. La seule personne qu'il voit. Son regard accroche cette fois, les cheveux bruns, le visage qui hante ses rêves et ses cauchemars. Qui brise sa vie et la lui insuffle en l'espace d'un instant. « Et vous devez être ... » Pause théâtrale, son corps, son vrai corps, son vrai cœur qui bat plus fort, qui secoue la tête, dans le déni. Tout son être réclame et supplie. De se taire, de parler, de le dire, de ne pas le dire. Le nom qui se bloque dans sa gorge. Qu'il se force à dire, d'un ton égal. L'air de rien, le trouble dissimulé derrière une pause judicieuse. « Albus Dumbledore. J'ai beaucoup entendu parler de vous. » Il sourit pour la forme, tend la main pour serrer la sienne. Préparé autant qu'il le peut au contact imminent. Le prince ne connaît pas Albus. Gellert se pâme devant les yeux noisettes. C'était probablement une mauvaise idée.
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MessageSujet: Re: can't go on without you. (grindeldore)   Mar 24 Jan - 22:48

do you remember when we found the first position, and every muscle rested? and do you remember the scars i showed you? the stories i told you? how i always said forever, when you asked me to stay true. i do remember that i already knew it was the last time. the last time for first positions, the last time you'd be mine.

ane brun, do you remember

Les rumeurs se multiplient à Saint Petersbourg, surtout depuis la montée de Raspoutine. Depuis sa tour de cristal, Albus a pris soin de faire parvenir la nouvelle de sa vue à toute la Russie, et ce dans un espoir : qu’elle aille jusqu'aux oreilles d’un individu dont il n’a pas prononcé le nom depuis bientôt vingt ans. L’homme n’oublie pas son premier amour, l’odeur de son rire ou le goût de ses lèvres, pourtant la discrétion dont il fait preuve à son égard est d’or, car l’adoration est honteuse, sans limite. Après toutes ses années, Gellert Grindelwald reste gravé en sa mémoire au fer rouge. Seul le médaillon qui pend au cou de l’anglais trahit son allégeance, cadeau arboré de l’amant maudit, mis sous silence par un sourire toujours mystérieux, distant. L’Albus Dumbledore dont on parle dans les journaux est incapable de flirter avec le Mal. “Da svidania, Vanya.” La barrière de la langue qu'il essaie de briser, et le voilà qui congédie poliment le linguiste, l’embrassant du bout des lèvres, une attention russe qu’il ne connaissait que de réputation. Ses gestes sont encore maladroits, mais on devine l'assurance dont il fait preuve. Son arrivée au pays est une énième initiation au voyage. Ses jeunes années sont derrière lui ; Albus a parcouru les routes indiennes, et les villages d’Arménie. Après plusieurs décennies, il est heureux de retrouver le sentiment de dépaysement qu'il a connu ailleurs. L’idée de devoir s’acclimater à un environnement nouveau l’excite et l’enjaille. C’est avec un air d’enfant émerveillé qu’il parcourt les couloirs de la bâtisse, se rendant à son prochain rendez-vous. L’ambassadeur se laisse escorter par une jeune femme jusqu’à un salon privé. Essaim du futur tsar dont il ignore tout, ou presque. Son visage s’illumine en la présence étrangement chaleureuse de son hôte. On lui avait promis un prince des glaces, et Dumbledore se retrouve en compagnie d’une présence presque affectueuse. Délicate sensation qui lui enserre le coeur. Il bat des cils et lui étreint l'âme de son regard argenté, percevant durant un instant l'essence même de son être. L’étiquette le pousse à embrasser l’homme, ignorant la main moite, tendue près de son bas ventre. Albus incendie le désir d’Ivanov d’un geste pressant. Il ne reconnait pourtant pas son nom véritable, mais ne peut s’empêcher de deviner, au regard du prince, l’aventure qui les attend. Il décolle ses lippes de ses joues tièdes et lui offre son plus beau sourire, ployant le genoux par la même occasion.

Dobry vetcher, mes'ye Ivanov.” Le dialecte est écorché par son accent, tandis qu’il accompagne le dialogue d’un énième sourire. Il y a dans sa fragilité quelque chose de flamboyant. Une lueur insaisissable qui rougeoie et éblouit même les aveugles. Albus se permet de poursuivre dans sa langue maternelle avec grâce: “Je vous prie d’excuser mon russe, il n’est pas parfait. Il le sera bientôt.” L’obsession de la perfection qui le suit comme une ombre. L’ambition de Dumbledore n’a pas de limite. Elle le trouble, quand bien même il achète l’imposture grotesque de l’homme aux deux visages. Ses questions n’en demeurent pas moins saisissantes, voire presque accusatrices. “Dites-moi donc ce qui pousse un prince slave à vouloir côtoyer un roturier de sang mêlé ?” Albus joue avec sa barbe charbonneuse avant de prendre place dans un divan de velours, s’étendant de tout son long tel un vulgaire dandy, arrivé à la cour du roi sans invitation. Il remarque le départ soudain de la nymphe avant de replonger dans les iris nacre d’Ivanov, les sens en éveil. S’il ne l’avoue pas, il est déjà sous le charme du sorcier. Il se relève soudainement vers la fenêtre pour admirer le couchant. Le ciel se pare de couleurs douces, qu’il contemple à présent sans un mot. Albus frissonne avant de laisser s’échapper un rire fluet, qui rappelle celui de l’adolescent impétueux qu’il a un jour été. “Et que pensez-vous de Grigori Raspoutine ? J’ai longuement entendu parler de votre relation avec le prophète, et je suis intrigué. Oserais-je même dire jaloux…” Il s’éloigne de la fenêtre et se mord la lèvre inférieur, signe d’une nervosité qu’il n’explique pas. “J’ai envie de découvrir les saveurs de Saint Petersbourg, et il me semble que vous y êtes né. Auriez-vous quelques heures à accorder à un touriste ? Peut-être pourriez-vous me faire découvrir la ville ?” La question est lancée sur un coup de tête tandis que son regard, lourd de signification, s'intensifie. Le jeu de séduction ne fait que commencer.

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give them blood. give them all that they can drink, it will never be enough. grab a glass, there's going to be a flood.
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MessageSujet: Re: can't go on without you. (grindeldore)   Dim 29 Jan - 3:30



Little things that make you smile Dancing barefoot in the dark If only I had strength to change your mind Oh for what you need You will not seek Choose your words before you speak Can you see that all you've got is time?
- save yourself.

La présence de l'invité, étranger de ce pays, étranger de cette vie, étranger dans le cœur de l'Ivanov qui ne doit rien montrer, qui ne peut le contraire, qui ne peut réagir. Être poli, homme affable qui sourit et le salue, sans s'importer un tant soit peu du passé, des rêves échangés, des paroles proclamées, des projets avortés. L'histoire entre eux, connu d'un seul, connu de l'être enfermée dans la cage qu'est l'apparence volée. Il hoche la tête à l'effort, le russe hésitant, écorché d'Albus, la langue qu'il essaie de maîtriser. Il se fait comprendre, pourtant. L'accent anglais gâche la dureté de la langue froide, trop froide pour lui. Mais la voix. La voix est toujours la même, la voix est toujours la sienne, la voix remue toujours le Grindelwald, sonne si familière, un goût de sapin, de noël particulier, une odeur de maison. Une odeur de neige. Sa voix qui fait danser tellement de souvenirs, tellement de moments. Instants envolés depuis longtemps, évaporés en fumée comme seuls savent le faire les meilleurs souvenirs. Rayés pour toujours. Mais pas pour l'instant. Pas alors que la poignée de main est refusée mais que les lèvres trouvent les joues, que les bises s'échangent, geste presque naturel, geste qui tire un sourire amusé plutôt qu'une moue dégoûtée au prince russe. Albus, petit homme curieux, petit savant toujours proche des cultures, qui apprend de tout, qui apprend de rien, qui respecte les coutumes, qui ne frappe jamais la fourmilière, préférant se déguiser en fourmis et rencontrer la reine, inclinant le torse bien bas. Gellert le connaît, s'amuse de le voir toujours pareil à lui-même. Deux images qui se superposent. « Aucun soucis, c'est naturel. » Lui, en revanche, fait rouler l'accent slave sur les mots anglais, fait trembler les consonnes avec la rugosité du communisme rougeoyant. Il hoche la tête et fait un signe du bras, invitant l'homme à s'installer, à disposer de l'espace comme de sa propre demeure. Suite d'hôtel habitée pour la soirée. Transformée en lieu de rendez-vous, cocon, bulle dans le froid, en dehors du monde. Rien ne franchira la porte, si ce n'est leurs carcasses décomposées à la fin de l'entretien.

« Mes raisons sont diverses. Je vous les dévoilerais en temps voulu, si vous me permettez le secret encore un peu. » Il aime le mystère, il l'habille comme un manteau. Pourquoi voulait-il revoir l'ancien amant sur lequel il avait jadis fondé tant d'espoirs ? Même lui ne saurait plus le dire. Alors il joue le mystérieux, tel l'homme qu'il joue, le personnage qui se veut puissant, le monde entre ses doigts. Il regarde le pays dans une boule à neige multicolore, depuis sa tour d'acier. Il est prince, pas populaire. Le regard captivé par la forme mouvante de l'anglais qui s'installe comme dans son salon, il entend à peine le départ de l'amie. Tant mieux. Tant pis. Moins de témoins, moins de gens pour assister à la damnation de son âme. Il retourne chercher son verre, avant de s'asseoir dans un fauteuil, une pièce rouge sang qui accueille son corps et lui permet d'étirer ses longues jambes devant lui. La question, posée sans préambule, ne le surprend qu'à moitié. Bien sur qu'il veut savoir. C'est probablement la seule raison qui l'aie poussé à accepter l'entretien. Il observe le profil de son rival, sa némésis, faisant tournoyer distraitement le liquide doré dans la glace. « Jaloux de lui ou jaloux de moi ? » Il le dévisage, le regard envoûtant, le jeu engagé, joueur aguerri de la séduction à peine voilée. Incapable de résister, mais même le corps emprunté prêt à toutes les folies pour les yeux perçants. Jeu qu'ils jouent à deux, sans aucun doute. « Je le peux, en effet. » Il se redresse, pose le verre sur la table basse. « Je jouerais le guide avec plaisir. » Léger mensonge – rien ne l'ennuie plus que de faire le touriste. Mais soit. Il doit garder Albus dans sa poche, il le sait. Son corps se déplie lentement. « Et je manque à tout mes devoirs. Vous voulez boire quelque chose ? » Il prend son verre à nouveau, juste pour le ramener vers le barre, en attrapant un second pour le britannique, le remplissant sans y penser du même liquide brûlant que dans le sien propre. Il revient, une verre dans chaque main, tend l'un à Albus et récupère le sien, levant. Pour trinquer avec un sourire à peine dévoilé. « A, je l'espère, une belle collaboration. » Que demander d'autre ? Il ne le sait encore. Ne préfère pas tenter le diable, le faire sortir de sa boîte dorée. Il est bien trop précieux encore goupillé.  
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can't go on without you. (grindeldore)

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